Affichage des articles dont le libellé est fake. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fake. Afficher tous les articles

vendredi 20 mars 2015

SCOOP. Ma source travaille dans une banque d'images !

"Quel monde de m…, le football !", pourrait dire Zlatan. Ce matin, le site web de L'Equipe brandit la preuve qu'il y a quelque chose de louche dans le tirage au sort des quarts de finale de la Ligue des champions. Le compte Twitter de l'UEFA aurait en effet annoncé les matchs à venir dès mercredi soir, soit un jour et demi avant que le sort ne soit censé en décider.

Plus c'est gros, plus ça passe, non ?

La source de cette info béton, reprise aussi par le Big Browser du Monde (qui a finalement supprimé article et tweet) : un journaliste indépendant nommé Simon Rowntree, qui aurait fait une capture d'écran du malheureux tweet de l'UEFA :


Les lecteurs de L'Equipe se sont montrés sceptiques. Quelqu'un d'autre avait-il vu ce tweet du compte @ChampionsLeague avant qu'il ne soit supprimé ? Pouvait-on se fier à ce Simon Rowntree ?

Si son nom n'est pas tellement connu, sa photo est en revanche partout sur le net. Elle vient en effet d'une banque d'images.


C'est ainsi que lorsqu'il n'est pas journaliste, notre homme est consultant en portage salarial, manager ou agent immobilier.


Il en va de même pour son confrère Hector Garcia, qui le recommandait chaleureusement sur Twitter avant-hier.




Le tirage au sort véritable ayant eu lieu au moment où j'écrivais ces lignes, "Simon Rowntree" a offert une conclusion à cet épisode en tweetant "ALERTE. Vous êtes tous une bande d'abrutis crédules. Merci d'avoir participé. Joyeux trollage"*
* un message qu'il a déjà supprimé (et je vous demande de me faire confiance sur la capture ci-dessus)

jeudi 16 octobre 2014

Ah, des seins ! Les médias tombent dans le panneau publicitaire



Imaginez que vous êtes le patron d'une agence de communication. Vous faites dans le panneau publicitaire urbain. Vous êtes une sorte de JCDecaux mais sur camion et en Russie. Vous visualisez, c'est bon ?

L'autre différence avec JCDecaux, c'est que vous débutez et avez besoin de vous faire connaître. Alors vous avez une idée : orner vos camions publicitaires d'une jolie paire de seins en gros plan. Non, mieux ! Vous allez dire que vous l'avez fait et que vous avez causé 500 accidents en 24 heures. Oh, non, mieux : 517, ça fera plus réaliste. Et vous en conclurez finement que vos pubs ont vraiment de l'impact.

Première étape : faire tourner "l'information". Un bon point de départ serait Facebook, mais vous êtes en Russie, je vous le rappelle, alors vous optez pour le clone local : VK. Vous obtenez que votre message soit répercuté par Шедевры рекламы (qui apparemment le supprimera ensuite, mais aura rempli sa mission en obtenant des partages ici et , et là encore et encore de nombreux autres dont je vous fais grâce).

Deuxième étape : Votre message est capté par les antennes du Daily Mail qui vérifie l'information à l'aide de son cliquomètre ("des seins + des Etrangers qu'on fait passer pour des abrutis finis = info valable, let's go my friend!") et la publie.

Troisième étape : Le Daily Mail a parlé, tous les brillants hérauts d'un journalisme de qualité et autres illustres membres de la clique du clic peuvent suivre. Votre histoire est rapidement plus traduite qu'un bouquin de Guillaume Musso, en ayant d'ailleurs à peu près le même niveau de vraisemblance.

Car 500 accidents causés à Moscou en 24 heures, il est possible que ça ait attiré l'attention des journaux locaux. Qu'ils n'en parlent pas pourrait mettre la puce à l'oreille. Même ce site qui recense chaque jour les accidents de circulation dans Moscou et sa banlieue n'a pas constaté de catastrophe due à une distraction mammaire le vendredi 10 octobre (jour supposé de l'opération "pouet pouet camion"). 

Vous avez un doute du coup ? Vous pensez qu'aucun média ne tombera pas dans un piège aussi gros ? Que nul ne reprendra jamais les propos d'une agence de com sans les vérifier ? Vous avez peut-être raison. Rien ne justifie d'avoir une si piètre image d'eux.

jeudi 19 décembre 2013

Comment arrêter de se faire arnaquer par de fausses photos sur Internet



Mandela est mort et il a neigé en Egypte. Deux raisons d'être ému, troublé… et de se faire avoir en retransmettant trop vite de fausses photos. Mais les réseaux sociaux, ça fonctionne sur le principe du partage, ça marche au coup de cœur, qu'est-ce qu'on peut y faire ?

Sans brider sa générosité ni son enthousiasme, on peut faire une petite place à son esprit critique et se poser quelques questions simples :

- est-ce que cette photo est crédible ? (parfois vous l'avez vue pour la première fois accompagnée des mots "Incredible photo", c'est peut-être un indice) 

- a été prise cette photo ?

- quand ?

et enfin, cette interrogation complètement incongrue : au fait, qui a pris cette photo ?
Parce qu'après tout, si l'image vous plaît, c'est peut-être une bonne idée de citer l'auteur.

Vous pouvez reprendre les derniers exemples de circulation de fausses photos, vous verrez que ces quelques questions suffisent à stopper les trop généreux élans de partage.

Un bon réflexe consiste à chercher si l'image n'a pas déjà été publiée ailleurs. Vous pouvez le faire en tapant des mots-clés dans un moteur de recherche d'images ou à l'aide d'un moteur de recherche d'images inversé : vous lui donnez une photo, il essaie de vous la retrouver. Tineye fait ça depuis longtemps. Google Images* s'y est mis plus tard mais a l'avantage de posséder une plus impressionnante collection de photos.

Méfiez-vous aussi de ces comptes Twitter qui se spécialisent dans la diffusion de paysages incroyables, comme l'a noté BuzzFeed.

Et puis référez-vous à cette base de données : Hoax of fame (ceci est une autopromo, oui). Elle s'appuie essentiellement sur l'excellent travail de démontage de canulars effectué par The Museum of hoaxesSnopesHoaxbuster et autres Hoax-Slayer.

Vous pouvez partager ce billet de blog sans crainte en revanche.


* Vous voyez le petit appareil photo dans la barre de recherche ? C'est là.