mercredi 2 avril 2014

Stabilité à la Défense et à la Culture, valse permanente à l'Ecologie

Le nouveau gouvernement composé par Manuel Valls confirme une tendance : le ministère de l'Ecologie est un siège éjectable. Ségolène Royal, qui s'en empare, est la 11e ministre à avoir - plus ou moins - ce titre depuis 2002.

Le graphique ci-dessous montre le nombre de titulaires de chacun des principaux ministères depuis le passage au quinquennat (depuis mai 2002, donc). En noir, les postes dont le titulaire vient de changer.


Ce billet a d'abord été publié avec un graphique réalisé via Google Spreadsheets. Il a été remplacé le lendemain (3 avril 2014) par une version plus aboutie, sous D3.js, permettant de distinguer les ministères ayant fait l'objet d'un remaniement de ceux qui n'ont pas connu de bouleversement. Graphique adapté du tutoriel de Mike Bostock.
 

Ligue des champions. Bayern, Barça, Chelsea : L'Europe est sous leur coupe

[Carte mise à jour le 26 mai 2014, après la victoire en finale du Real sur l'Atlético Madrid]

Le PSG sait qu'il s'attaque ce soir à un gros morceau. Chelsea est l'un des quatre meilleurs clubs européens en Ligue des champions, comme le montre la carte ci-dessous. Celle-ci s'appuie sur les performances réalisées par les clubs au cours des cinq dernières éditions de la plus prestigieuse des compétitions continentales. Seuls le Bayern, en pleine ascension, le FC Barcelone (en déclin ?) et le Real Madrid (d'un cheveu) font mieux.



Chelsea est même le 2e meilleur club d'Europe si on étend l'observation aux dix dernières éditions.

En savoir plus sur la méthodologie.

mardi 11 février 2014

Le web des images est au bord du chaos, mais vous pouvez le sauver



Je crois que ce qui nous arrive, on l'a bien cherché. C'est vrai, quoi ! Appeler ça une "légende photo"… "Légende", vous ne voulez quand même pas que ça reflète la réalité, si ?

De nombreux comptes Twitter ont pris le message au pied de la lettre. Vous les avez sans doute vus passer : ils se sont fait une spécialité de partager des images insolites, avec de beaux paysages, des animaux extraordinaires ou vraiment très mignons, tandis qu'est aussi apparu un canal historique, qui se consacre à l'exhumation de photos d'archives. 

Leur problème c'est qu'ils ont un mal fou à expliquer ce qu'ils diffusent. Ils contribuent donc à un gigantesque téléphone arabe où l'image circule mais où sa définition, son contexte, se transforme et se perd. Pas facile, quand on ne dispose que de 140 caractères moins le lien vers l'image, de raconter le pourquoi du comment, de dire d'où vient l'image et qui l'a prise.

Surtout que les auteurs de ces comptes s'en foutent éperdument.

L'un de ces diffuseurs pousse le vice jusqu'à utiliser le nom de Google pour asseoir sa crédibilité et possède même un badge "Traducteur" qui peut créer une certaine confusion avec celui des comptes certifiés.





Que pouvez-vous y faire ?

1 - D'abord, vous pouvez arrêter de suivre ces comptes, d'autant plus que leur but est de monétiser leur audience sans rien rétrocéder aux auteurs des images.

2 - Vous pouvez ne partager une image que lorsque vous savez d'où elle vient et, mieux, lorsque le tweet comporte un lien vers l'image d'origine. Autant amener de nouveaux visiteurs vers le site de l'auteur de la photo. Sans compter qu'il explique peut-être comment il a réalisé cette image ou quel est ce phénomène étrange qui vous a justement attiré.

3 - Vous pouvez suivre et/ou imiter @PicPedant dans son combat pour l'attribution correcte des photos. Cet utilisateur de Twitter guerroie contre les légendes erronées et rétablit les liens manquants vers les œuvres originales (alors que les watermarks ont parfois été délibérément éliminés)



Il commence à faire des émules :

(HistoryInPicsCredits sur Twitter)

et à fédérer un réseau :



Rançon de sa gloire naissante : il a droit à une copie. Un compte PlCPEDANT ou la deuxième lettre du pseudo est en fait un "L" minuscule qui se fait passer pour un "i" majuscule.



Pour ce qui est des idioties rassemblées dans l'image du début, vous pouvez les chasser de votre esprit en suivant ces liens :

- Mariage gay

- Ambulance

- Inde


dimanche 26 janvier 2014

Les Japonais, ces tarés… Les médias, ces naïfs…

Donc les Japonais ont inventé un soutien-gorge qui ne se défait qu'en présence de "l'amour vrai". Ce sont les Inrocks qui me l'apprennent ce dimanche. Il y a une vidéo qui explique comment tout ça fonctionne. Relié en bluetooth à un téléphone portable, le soutien-gorge ne se dégraferait que lorsque le rythme cardiaque de la femme qui le porte correspond à celui de l'amour.


Vraiment n'importe quoi ! Il faut être idiot pour créer ça ! D'ailleurs, ce sont des hommes qui en sont à l'origine, pas étonnant !, notent les Inrocks.

Dans les commentaires (sur YouTube, sur Facebook, etc.), d'avisés observateurs notent en vrac que le rythme cardiaque augmente sans doute aussi en cas d'agression sexuelle, que le soutien-gorge pourrait se détacher tout seul dans la rue après n'importe quelle émotion forte, ou encore qu'il ne serait pas facile de le quitter le soir seule chez soi.

"Ces Japonais, à part se trancher le ventre avec un sabre et créer des monstres dégueulasses, ils savent vraiment rien faire", disait la grand-mère dans "Persépolis".


"Y a bien que ces nolife de Japonais pour inventer un truc comme ça". C'est la tonalité des réactions que j'ai pu lire un peu partout où j'ai vu l'info sur ce soutien-gorge.

Qu'il y ait de l'excentricité au Japon, c'est indiscutable, mais avez-vous pensé que cette histoire de soutien-gorge pouvait être totalement bidon ? Un coup de pub ?

Le soutien-gorge est-il commercialisé, comme le disent les Inrocks ? Non, c'est un prototype. C'est surtout une belle opération de promo pour la marque Ravijour. Ses précédentes vidéos sur YouTube tournent autour des 2 000 vues, celle sur le soutien-gorge qui fonctionne à l'amour : déjà plus de 280 000 vues.

On y voit une "human sexuality specialist" et un "doctor / former med school associate professor" qui ne sont pas nommés. La seule indication un peu précise, c'est le nom "Rhizomatiks" qui apparaît à côté de l'image des inventeurs du soutien-gorge. Il s'agit d'un collectif d'artistes japonais qui travaille effectivement sur les émotions. De là à faire appel à eux pour créer un objet à commercialiser auprès du grand public, on peut nourrir un doute.

Sur Cnet, on peut lire le passage suivant à propos de cette histoire : "Since the bra is of Japanese design, it gives us some delightful opportunities to put Google's Web site translation skills to the test. Ravijour's blog post about the bra translates as, "Bra hook does not come off and there is no world's first love, of truth!""

Si leur source, c'est le blog de l'entreprise traduit par Google, on se dit qu'ils n'ont pas dû voir le produit de très près. Bref, les agences de pub savent déjà tout ça très bien : il suffit de lancer une idée un peu folle, sans forcément rien de concret derrière, et vous aurez de la reprise dans les médias.


Vous vous souvenez de cette autre invention japonaise qui avait fait beaucoup rire sur le net : une queue qui s'agite quand on est amoureux et qui permet aux timides de montrer leurs émotions ? Les Japonais se sont-ils tous mis à froufrouter de l'arrière-train pour dire "je t'aime" ? Un indice quant à la réponse : la campagne Kickstarter de cette invention essentielle a recueilli 12 000 livres (tout de même !), mais ce n'est qu'un cinquième de la somme escomptée et surtout, seules 168 personnes se sont senties concernées. 

Ce qu'on attend des médias, ce n'est pas qu'ils nous répercutent aveuglément la com' des entreprises. Alors, ce soutien-gorge qui ne se défait que par amour, merci de nous en reparler quand il sera dans le commerce et qu'il fera vraiment l'objet d'achats massifs de la part des Japonais. Là ça confirmera vraiment qu'ils sont complètement tarés !