La semaine dernière, j'écrivais que tout le monde avait perdu dans la 2e circonscription de l'Oise. A l'issue de ce 2e tour, il était évident que ce n'est plus le cas : on a un député sortant (Jean-François Mancel) qui conserve son poste mais ce qui frappe, c'est essentiellement le score du FN, qui totalise plus de 48% des suffrages lors d'un 2e tour. La candidate frontiste a finalement failli rejoindre Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen à l'Assemblée.
Pourtant, le chiffre qui me gêne ce matin, c'est celui-ci : "Par rapport au 1er tour, la candidate FN a gagné près de 6 000 voix supplémentaires". C'est exact, mais c'est un rien trompeur. Il est finalement assez logique de gagner des voix entre le 1er et le 2nd tour. Par exemple, sur une circonscription de taille comparable, Collard a gagné environ 5 000 voix entre le 1er et le 2nd tour, en 2012. Et c'était au sein d'une triangulaire.
Une chute vertigineuse du PS et de l'UMP plutôt qu'une flambée du FN
En fait, Florence Italiani, la candidate FN de la 2e circonscription de l'Oise a plutôt gagné 2 000 électeurs par rapport au 2e tour de 2012. Tandis que dans le même temps, Jean-François Mancel en perdait près de 5 700. La candidate PS n'ayant même pas atteint le 2nd tour, il y a 19 591 votants de 2012 qui ont dû faire un autre choix, dont celui de ne choisir personne.
Récapitulons : En un an, le FN a gagné 2 000 électeurs. Si Mancel avait pu compter sur les voix UMP et PS de 2012 confondues, il aurait eu 39 245 voix. Il n'en a eu au final que 13 958.
L'UMP peut accuser le PS de ne pas avoir soulevé de front républicain, mais Mancel voit également ses propres électeurs s'éloigner élection après élection.
"La prochaine fois, le député de la 2e circonscription de l’Oise sera Front national", dit Michel Guiniot, président du groupe FN au conseil régional de Picardie. Si ces propos ne paraissent pas complètement incongrus, ce n'est pas que l'ascension des frontistes soit franchement impressionnante, c'est surtout que la chute de l'UMP et du PS est vertigineuse.
lundi 25 mars 2013
samedi 23 mars 2013
Carte des règlements de comptes à Marseille
Après la fusillade d'hier soir, les médias parlent du retour de la violence dans les quartiers de Marseille. C'est oublier qu'en 2012 déjà, la série finalement impressionnante de 24 morts dans des règlements de comptes avait commencé fin février également : le 23, plus exactement.
Voici, réactivée, la carte des règlements de comptes à Marseille et dans la région. Les événements de cette année 2013 sont représentés par les personnages blancs, ceux de 2012 par des points rouges.
Cette carte a été réalisée à l'aide de Google Fusion Tables. J'aimerais mettre à disposition des lecteurs un filtre permettant de n'afficher que les événements de l'année de leur choix, mais je ne sais pas si c'est possible techniquement. Si vous avez une solution, vous êtes les bienvenus.
Seule solution que j'ai trouvée pour le moment : Donner accès aux données brutes. A vous d'utiliser le filtre fourni et de demander la visualisation par carte.
Voici, réactivée, la carte des règlements de comptes à Marseille et dans la région. Les événements de cette année 2013 sont représentés par les personnages blancs, ceux de 2012 par des points rouges.
Cette carte a été réalisée à l'aide de Google Fusion Tables. J'aimerais mettre à disposition des lecteurs un filtre permettant de n'afficher que les événements de l'année de leur choix, mais je ne sais pas si c'est possible techniquement. Si vous avez une solution, vous êtes les bienvenus.
Seule solution que j'ai trouvée pour le moment : Donner accès aux données brutes. A vous d'utiliser le filtre fourni et de demander la visualisation par carte.
Libellés :
carte,
fusillades,
Marseille,
règlements de comptes
Pays/territoire :
Marseille, France
jeudi 21 mars 2013
La visite d'Obama au Proche-Orient en carte interactive
LeFigaro.fr a publié une belle carte interactive pour la visite de Barack Obama en Israël et dans les territoires palestiniens :
Voir l'article.
Voir l'article.
lundi 18 mars 2013
Législative dans l'Oise : Tout le monde il a perdu !
"Le grand vainqueur, c'est l'abstention", entend-on encore ce matin après le 1er tour de l'élection législative partielle dans la 2e circonscription de l'Oise. Le grand perdant, c'est le PS, puisque sa candidate ne peut même pas se maintenir au 2e tour, où s'affronteront donc le sortant, UMP, et la candidate FN.
Mais en fait, tout le monde a perdu. A l'exception de la candidate de Lutte ouvrière, Renée Potchtovik, qui a grappillé quelques dizaines de voix et de deux candidats qui n'étaient pas là en juin dernier, tous ceux qui revenaient devant les électeurs ce dimanche ont perdu des voix. Si c'est bien le PS qui prend la plus grosse claque, pour l'UMP et le FN non plus, il n'y a pas de quoi y planter des drapeaux.
NB : Les chiffres 2012 sont issus du site du ministère de l'Intérieur, tandis que ceux d'hier viennent de la page Facebook du PCF Aisne Saint-Quentin. Les publier immédiatement sur le site de la préfecture de l'Oise ? Mais vous n'y pensez pas !
Ce honteux montage photo a été réalisé à partir de cette photo.
vendredi 15 mars 2013
En 2005, personne ne prenait de photo
C'est une belle photo qui m'a cueilli ce matin sur mon fil d'actualité Facebook. Postée sur la page de NBC News, elle a été partagée par Michael Arrington, de Techcrunch. Et par quelque 86 880 autres personnes.
Elle montre une marée d'iPhone et d'iPad* immortalisant la nomination du nouveau pape, François, place Saint-Pierre, à Rome, le 13 mars 2013. Et la compare à une photo de 2005, où seul un type prend une photo avec un antique téléphone à clapet.
Saisissante évolution des mœurs ! Symbole éclatant de l'ère du "tous reporters" ! Je m'empresse de la partager sur la page Facebook de Citizenside.
Insultez-moi en latin.
Je lis ensuite les commentaires sur la page Facebook de NBC News. Et je note le reproche fait par un lecteur : La photo de 2005 n'a pas été prise le jour de la nomination de Benoît XVI mais lors des funérailles de Jean-Paul II. Et il y a la question du moment. Même prise lors du même événement, il faudrait comparer deux photos prises au moment où le pape apparaît au balcon pour être plus juste.
Car en 2005, si je fais appel à ma mémoire, tout compte fait, il y avait déjà des appareils photo et des caméscopes. Ah oui. Pas d'iPhone, certes, mais on avait déjà fait un pas dans l'ère du numérique. Et ça me revient : Mon appareil photo de l'époque - un petit compact bon marché - faisait déjà des vidéos. Ah, ce n'était pas franchement impressionnant, mais tout de même, on avait l'électricité, rappelez-vous !
Donc oui, les gens faisaient déjà des stocks d'images en 2005. La preuve parmi d'autres :
En fait, nous sommes tellement abasourdis par l'adoption massive et triomphante des nouvelles technologies que nous connaissons depuis une décennie que nous sommes parfois tentés de la rendre encore plus mythique qu'elle n'est.
Il est tout de même indéniable qu'un changement fascinant s'est produit entre 2005 et aujourd'hui : la faculté instantanée de partager avec le monde entier (sauf les pays où on coupe l'accès à Internet, oui) les images qui sont prises. Ce que ces antédiluviens appareils de 2005 ne pouvaient pas faire, en effet.
Mais on n'est pas obligés de dire à nos enfants qu'on s'éclairait à la bougie pour rendre l'histoire plus incroyable.
* Les photos faites à l'iPad me font désormais systématiquement penser à cette blague : "Les mecs qui font des photos avec leur iPad, ils mangent leur yaourt avec une pelle ?" (@julesscomo)
Elle montre une marée d'iPhone et d'iPad* immortalisant la nomination du nouveau pape, François, place Saint-Pierre, à Rome, le 13 mars 2013. Et la compare à une photo de 2005, où seul un type prend une photo avec un antique téléphone à clapet.
Saisissante évolution des mœurs ! Symbole éclatant de l'ère du "tous reporters" ! Je m'empresse de la partager sur la page Facebook de Citizenside.
Insultez-moi en latin.
Je lis ensuite les commentaires sur la page Facebook de NBC News. Et je note le reproche fait par un lecteur : La photo de 2005 n'a pas été prise le jour de la nomination de Benoît XVI mais lors des funérailles de Jean-Paul II. Et il y a la question du moment. Même prise lors du même événement, il faudrait comparer deux photos prises au moment où le pape apparaît au balcon pour être plus juste.
Car en 2005, si je fais appel à ma mémoire, tout compte fait, il y avait déjà des appareils photo et des caméscopes. Ah oui. Pas d'iPhone, certes, mais on avait déjà fait un pas dans l'ère du numérique. Et ça me revient : Mon appareil photo de l'époque - un petit compact bon marché - faisait déjà des vidéos. Ah, ce n'était pas franchement impressionnant, mais tout de même, on avait l'électricité, rappelez-vous !
Donc oui, les gens faisaient déjà des stocks d'images en 2005. La preuve parmi d'autres :
En fait, nous sommes tellement abasourdis par l'adoption massive et triomphante des nouvelles technologies que nous connaissons depuis une décennie que nous sommes parfois tentés de la rendre encore plus mythique qu'elle n'est.
Il est tout de même indéniable qu'un changement fascinant s'est produit entre 2005 et aujourd'hui : la faculté instantanée de partager avec le monde entier (sauf les pays où on coupe l'accès à Internet, oui) les images qui sont prises. Ce que ces antédiluviens appareils de 2005 ne pouvaient pas faire, en effet.
Mais on n'est pas obligés de dire à nos enfants qu'on s'éclairait à la bougie pour rendre l'histoire plus incroyable.
* Les photos faites à l'iPad me font désormais systématiquement penser à cette blague : "Les mecs qui font des photos avec leur iPad, ils mangent leur yaourt avec une pelle ?" (@julesscomo)
jeudi 14 mars 2013
En tuant Reader, Google sacrifie la recherche au profit du "social"
Si vous vous connectez à Google Reader, vous verrez apparaître un message vous signalant que le service disparaîtra le 1er juillet 2013. Je l'ai appris sur Twitter parce que c'est en effet là que je m'informe en premier, mais cet abandon progressif des flux RSS est tout de même désolant, car Twitter, Facebook, ou donc Google+, que Larry Page veut développer au détriment du reste, ne remplaceront jamais un bon aggrégateur de flux, débarrassé du bruit souvent assourdissant qui encombre inévitablement les réseaux sociaux.
Mais le pire n'est pas là, selon moi. Car, bien sûr, il y a des alternatives à Reader. Le PDG de Netvibes n'a ainsi pas manqué de le faire savoir :
You are all welcome on #Netvibes! faq.netvibes.com/how_to_switch_… > Official Google Reader Blog: Powering Down Google Reader googlereader.blogspot.com/2013/03/poweri…
— Freddy Mini (@freddymini) 14 mars 2013
Or, Google Reader offrait également un moteur de recherche pour fouiller dans ses flux, dossier par dossier. On pouvait donc se créer des moteurs de recherche personnalisés sur les domaine de son choix. Le passionné d'environnement pouvait décider de se fabriquer un outil de recherche n'interrogeant que les sites de l'Ademe, de Greenpeace ou du WWF, par exemple.Google possède un service nommé "Custom search" qui est censé faire ça, mais qui ne propose même pas de classement des résultats par date. Reader s'y employait donc beaucoup mieux.
Alors voilà, on peut signer la pétition sur change.org pour tenter de sauver Reader. On peut aussi penser que Google s'en contrefout et trouver une alternative à cet outil de recherche personnalisé. Et puisque l'aspect réseau social du Net triomphe en ce moment, je m'en remets à vous, lecteurs : une idée ?
mercredi 27 février 2013
Chômage : La France, élève moyen de l'Europe
Mise à jour le 1er mars 2013 avec les nouveaux chiffres d'Eurostat.
Ah, comme il était content, Xavier Bertrand, ce matin-là ! Il annonçait des chiffres du chômage en baisse pour le 4e mois consécutif. Oui, vous lisez bien et vous avez sans doute oublié depuis. C'était en mai 2011. Alors, je vous laisse voir la vidéo ci-dessous. Parce qu'il n'y eut pas de 5e mois consécutif.
Eh non, hélas. Vous l'avez entendu, lu, vu partout hier : le chômage grimpe pour le 21e mois consécutif en France. Pour la droite, c'est la faute de la gauche pour qui c'est la faute de la droite quand elle était aux commandes. Mais quand la droite était au pouvoir, c'était la faute de la crise, voyons !
On aimerait trancher dans ce débat d'experts, mais sans vouloir y prétendre, un regard à nos voisins nous donnerait au moins de l'air. Comment font-ils, ces gens qui n'ont ni Sarkozy ni Hollande ?
Pour cela, demandons des chiffres à Eurostat. Faute de pouvoir faire des comparaisons entre tous les pays avec les chiffres de janvier (pas encore tous disponibles), comparons les chiffres de décembre d'année en année depuis 2003.
Eh bien, la France est dans la moyenne. Depuis 2010, on dirait presque que les courbes sont calées les unes par rapport aux autres (c'est frappant si vous comparez mois par mois depuis un an - lien mis à jour le 1er mars 2013 avec les nouveaux chiffres d'Eurostat).
Et si on regarde les évolutions du chômage de l'Allemagne, de l'Autriche (plus faible taux de chômage de l'UE), de l'Espagne, de la Grèce et de l'Italie, on se rend compte que la France est un élève moyen, presque littéralement collé à la moyenne de la zone Euro.
Alors évidemment, comparer les courbes du chômage en France et en Allemagne est douloureux.
Mais on peut toujours discuter de ce que cachent les chiffres, d'abord. Et puis arrêtez de nous dire qu'on est mauvais, on est juste moyens !
Ah, comme il était content, Xavier Bertrand, ce matin-là ! Il annonçait des chiffres du chômage en baisse pour le 4e mois consécutif. Oui, vous lisez bien et vous avez sans doute oublié depuis. C'était en mai 2011. Alors, je vous laisse voir la vidéo ci-dessous. Parce qu'il n'y eut pas de 5e mois consécutif.
Eh non, hélas. Vous l'avez entendu, lu, vu partout hier : le chômage grimpe pour le 21e mois consécutif en France. Pour la droite, c'est la faute de la gauche pour qui c'est la faute de la droite quand elle était aux commandes. Mais quand la droite était au pouvoir, c'était la faute de la crise, voyons !
On aimerait trancher dans ce débat d'experts, mais sans vouloir y prétendre, un regard à nos voisins nous donnerait au moins de l'air. Comment font-ils, ces gens qui n'ont ni Sarkozy ni Hollande ?
Pour cela, demandons des chiffres à Eurostat. Faute de pouvoir faire des comparaisons entre tous les pays avec les chiffres de janvier (pas encore tous disponibles), comparons les chiffres de décembre d'année en année depuis 2003.
Eh bien, la France est dans la moyenne. Depuis 2010, on dirait presque que les courbes sont calées les unes par rapport aux autres (c'est frappant si vous comparez mois par mois depuis un an - lien mis à jour le 1er mars 2013 avec les nouveaux chiffres d'Eurostat).
Et si on regarde les évolutions du chômage de l'Allemagne, de l'Autriche (plus faible taux de chômage de l'UE), de l'Espagne, de la Grèce et de l'Italie, on se rend compte que la France est un élève moyen, presque littéralement collé à la moyenne de la zone Euro.
Alors évidemment, comparer les courbes du chômage en France et en Allemagne est douloureux.
Mais on peut toujours discuter de ce que cachent les chiffres, d'abord. Et puis arrêtez de nous dire qu'on est mauvais, on est juste moyens !
Inscription à :
Articles (Atom)



